entretien d'embauche : pourquoi il ne faut pas répondre aux questions que l'on vous pose...

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1 job pour 10 cv. Ne pas répondre aux questions

Ca va mal se finir cette histoire d’entretien si vous vous appliquez à répondre aux questions que l’on vous pose.

Vous allez vous faire sortir en souplesse parce que même si ça a l’air d’être ce qu’on vous demande, ce n’est pas exactement le cas mais surtout ce n’est pas ce qu’il faut faire pour réussir.

L’entretien est un jeu de dupe. Un vrai jeu de dupe.

Vous n’avez pas le droit de gagner. Si vous avez dupé votre interviewer, bravo pour la performance, mais ça va vous retomber sur le pied bientôt.

Vous n’avez pas le droit de perdre, non plus, en étant le pigeon de la farce vous même. On vous pose des questions pour avoir des réponses mais ce ne sont pas les réponses aux questions qu’on attend.

Huh ? Qu’est ce que ça veut dire ?

Vous connaissez le ni-oui-ni-non ? Et bien, l’entretien de recrutement est un lointain parent. Une sorte de cousin, mais beaucoup plus élaboré parce qu’on n’est pas là pour rigoler.  Au ni-oui-ni-non, quand on vous demande si ça va, ce n’est pas pour savoir si ça va. En entretien de recrutement, lorsque l’on vous demande vos qualités et vos défauts, ce n’est pas pour connaître vos qualités et vos défauts. Vous saisissez mieux le principe ?

Ne venez donc pas à l’entretien pour répondre aux questions que l’on va vous poser. Venez-y pour répondre aux questions que l’on se pose sur vous. Voilà pourquoi il ne sert à rien d’apprendre des réponses toutes faites, écrites par d’autres. Aviez-vous remarqué que ce sont toujours les mêmes qui reviennent ? Je l’espère pour vous. Il faudrait être distrait. Ce serait trop facile s’il s’agissait toujours des mêmes réponses. Pire, répondre un copié/collé constitue une réponse en soi.

Qu’est ce qu’il faut faire, alors ?

La première chose est de faire passer le message que vos réponses sont sincères et personnelles. Le recruteur veut absolument voir derrière l’écran de fumée. Vous savez, celui que vous essayez de dresser en adoptant l’attitude du candidat idéal. Vous avez assemblé son armure en cherchant sur internet et peut-être en lisant ces lignes. Vous aurez l’occasion de répondre à cette première demande avec « présentez-vous » ou les fameux « points forts/points faibles » et bien d’autres. Je ne vais pas vous donner de réponses toutes faites, ce serait un comble ! Le meilleur conseil à vous donner est de ne pas trop répéter les réponses avant. Si vous savez où votre interlocuteur veut en venir, vous trouverez la bonne réponse sur place. Ce n’est pas un oral de bac. Votre préparation est essentielle mais votre capacité d’adaptation encore plus. Si vous êtes « trop » prêt(e), vous risquez d’être en difficulté lorsqu’une question inattendue va sortir. Si votre réponse n’est pas immédiatement fluide comme celle d’un texte appris par coeur, ne vous inquiétez pas, cela lui donne une valeur d’authenticité. Un peu comme les légumes moches font valoir leur naturel. Bon essayez de ne pas être trop moche quand même.

C’est cette recherche qui pousse certains recruteurs à poser des questions inattendues et apparemment stupides pour vous découvrir sous votre vrai jour. J’ai vu quelque part une question un peu (!) destabilisante : "Combien de billes faut-il pour remplir un coffre de twingo ?" . J’espère que vous m’accorderez que ce n’est pas la réponse à la question qui compte.

La deuxième chose à faire, c’est d’avoir l’air de répondre aux questions quand même. Ne profitez pas de votre avantage d’avoir compris le petit manège du recruteur pour vous affranchir des règles du jeu. Ca fait aussi partie des réponses qu’on attend de vous : « jouer le jeu ». Si vous savez jouer le jeu, vous êtes un collaborateur intéressant. Simplement, considérez qu’il ne s’agit pas d’un piège mais d’une occasion de faire passer vos messages. « Vous voulez parler d’une twingo de quelle année ? » par exemple est une réponse qui vaut beaucoup mieux que "Ough ! Je n’en sais rien". Traduction de cette réponse : vous êtes sincère mais face à une situation inattendue, vos réponses ne valent pas un clou.  Pire : "Je pense qu’il en faut 232 000" . Traduction : Vous retombez bien sur vos pieds mais vous n’avez aucun scrupule à céder à la facilité.

La troisième chose à faire, c’est de ne pas répondre comme on coche une case. Donnez un exemple concret « historique » de ce qui vous permet de répondre cela ou développez la réponse apparente pour alimenter la réponse véritable. "Si je vous demande l’année de la voiture, c’est parce que le volume du coffre est différent selon les années et comme il s’agit d’une simple division, il me faudrait plus d’informations. Enfin,  si la réponse à la question a vraiment une importance pour ce recrutement." . A moins de tomber sur un schizophrène qui vous fournisse les éléments du calcul, il a SA bonne réponse et on passe à la suite. Si vous n’aviez pas de chance, le volume d’une bille, c’est facile. Il suffit de faire la division =  (4*pi*r3)/3 ;-)   .

En bref, comme au ni-oui-ni-non, votre réponse a besoin d’un court moment de réflexion. Oui, mais comme on n’a pas tout le temps pour répondre, il va bien falloir trouver un moyen d’être prêt(e).

C’est votre préparation qui compte.

Et comme vous l’avez compris, votre préparation, c’est un peu plus que répéter votre texte. Faîtes-le quand même mais en choisissant des réponses personnelles et véritables et non pas des réponses « prêtes à servir » trouvées sur internet. Sinon, quelques trucs pour éviter les courbatures :

Soyez en forme. Sommeil, tabac, alcool, etc… Je n’entre pas dans le détail, vous connaissez.
Soyez joyeux(se) et enthousiaste. On ne vous a pas convoqué(e) pour recevoir un châtiment, on vous donne l’opportunité de jouer une partie. Facile à dire mais si être souriant et un peu joueur est au dessus de vos forces, vous risquez de souffrir un peu. Soyez heureux(e) d’être là.
Connaissez bien l’entreprise qui vous reçoit. Vous comprendrez mieux le sens de certaines questions et vous serez plus facile pour les anticiper.
Connaissez bien votre candidature. Vous allez la vendre, cela demande de la méthode et la connaissance des bons arguments. On vend mal un produit qu’on connait mal. C’est étonnant le nombre de candidats qui ont pu me remercier de leur avoir révélé des évidences qui leur avaient échappées sur leur propre profil.
Réfléchissez à ce qui va intéresser le recruteur dans votre parcours pour répondre à ses besoins. Si vous le faîtes avant, vous n’aurez plus besoin que d’une fraction de seconde pour recoller les wagons.
Demandez à un proche de vous poser des questions d’entretien et répondez-y avant de lui demander son avis. Ca ne fera pas tout mais vous allez sans doute progresser.
Pardonnez vous à l’avance vos petites erreurs et n’en faîtes pas un drame. L’important n’est pas d’avoir le score parfait mais le meilleur score. Vous avez des marges de manoeuvre. Ne vous mortifiez pas d’un petit faux-pas.


En résumé, cet exercice de questions/réponses est véritablement un jeu. Simplement, lorsqu’on vous invite à participer à une partie de 421, ne venez pas avec un jeu de cartes, même si c’est marqué « belote » sur la piste de dés.


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9 idées fausses que vous devez vous sortir de la tête. 1 job pour 10 cv. Patrick Morin
46 pages A5