Comment expliquer un échec dans votre parcours de candidat ?

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1 job pour 10 cv. Expliquer un échec dans votre parcours

Vous ne faîtes pas exception à la règle ! Votre parcours contient une ou deux ébréchures que vous aimeriez gommer comme on tente de le faire d'une verrue disgracieuse. Et chaque fois qu'un potentiel employeur s'approche de vous, vous sentez l'embarras monter à la perspective de devoir faire passer une bourrique pour un cheval de course, avec pour seul argument, un sourire gêné.


Une rupture conflictuelle, une fin de contrat laborieuse, une mission mal conduite, un conflit avec votre équipe, bref, une vilaine tache de boue sur votre joli CV si blanc.



Et si c'était une preuve de votre talent.

Evidemment, l'erreur en elle-même n'a rien à voir avec votre talent. Ne poussons pas non plus. Elle est aussi banale que peu glorieuse, qui que vous soyez. Ce qui va se révéler être une preuve de votre talent, c'est la combinaison de trois choses : la manière dont vous avez su en réparer les conséquences, le profit que vous en avez tiré et la facilité avec laquelle vous l'avez intégré à votre histoire et vous en parlez aujourd'hui.

En clair, ne soyez pas obsessionnel(le) sur le camouflage de vos erreurs, soyez-le pour les transformer en expérience avantageuse. Votre échec passé n'est ni une source d'embarras, ni bien sûr de fierté. C'est une source d'apprentissage. On le dit, d'ailleurs bien meilleur formateur que la réussite.

C'est juste la manière...

Un recruteur ne vous tiendra pas rigueur d'un échec. Il n'aura aucun mépris pour une péripétie à laquelle aucun professionnel entreprenant n'échappe dans sa vie. Il en a lui même quelques uns inscrits à son compteur kilométrique. Il voit dans vos omissions ponctuelles ce que vous vantez sur une expérience et ce que vous masquez sur une autre. Cela n'est qu'une leçon de vie et jusqu'ici, tout est normal. Ce sera même peut-être une très bonne opportunité de vous démarquer du candidat idéal, clone du clone de Mr Indestructible, dents blanches, sourire et carrière irréprochables. Perfection aussi artificielle que fatigante qu'affichent tellement de candidats.

A partir du moment où vous l'avez compris, vous allez pouvoir passer au principal : comment et à quel moment l'explication attendue va vous aider à marquer des points ?

Le moment, ce n'est ni le CV, ni le courrier de motivation. Vous resterez discret(e) jusqu'à ce que le contexte vous permette de vous exprimer plus librement, c'est à dire jusqu'à l'entretien. Ces deux outils ne servent qu'à l'obtenir, pas à l'entamer avant l'heure. Elle viendra cette heure espérée et vous sentirez vous-même le moment où une question va servir d'appel à en savoir plus. Les questions du type "Parlez moi de votre ancien employeur." ou encore "Quel a été votre plus gros échec ?" en sont les signes évidents.

Rappelez-vous qu'un entretien peut-être téléphonique  et un petit coup de fil est même une très bonne occasion de vérifier que vous êtes un(e) candidat(e) à recevoir lorsqu'on aura levé le doute sur cette petite paille dans l'acier de votre chassis.

N'éludez pas, valorisez...

Votre échec n'appartient qu'à vous. Dîtes-le. Le succès se partage, l'échec s'assume. Ne faîtes pas le contraire. Montrez que vous avez fait un choix qui s'est avéré perdant et que vous avez su en tirer les conclusions, en plus d'en réparer les conséquences.

"Chez Tartiflette et Fils, en 2007, on m'a donné l'occasion de prendre les commandes d'un projet de lancement parce que j'avais obtenu de bons résultats sur le développement d'un projet précédent. J'ai tout prévu, tout mis de mon côté et travaillé dur pour que ce "petit" lancement soit un évènement mémorable. Ca, pour l'être, on peut dire qu'il l'a été. La seule chose que j'ai négligé à l'époque, c'est d'être à l'écoute de ma nouvelle équipe et d'en impliquer chaque membre. Ils se connaissaient bien et leur cohésion qui aurait du être un avantage pour le projet a été son principal frein parce que mon attitude a focalisé leur énergie contre moi. Voyant que leur adhésion n'était pas au rendez-vous, j'ai cru bon d'exercer une autorité encore mal assurée. Résultats : j'ai du travailler deux fois plus pour compenser les défections et il a manqué une semaine pour finir à la date annoncée. Ca m'a coûté ma place et il n'y a rien eu à dire de plus. J'ai appris énormément ce jour là et plus jamais je n'ai entrepris quoique ce soit avant de m'assurer d'embarquer des troupes soigneusement préparées et motivées. Ca ne s'invente pas. Ca s'apprend et ça se travaille en permanence. Finalement cet échec a été la meilleure leçon de management que j'ai pu recevoir.".

Une fois cette explication fournie avec un sourire de série, vous aurez suscité la sympathie d'un recruteur qui aura vu en vous un candidat honnête, capable de se remettre en cause et surtout de progresser, malgré des difficultés qu'il sait compliquées à vivre.

Faîtes que votre échec devienne un atout comme vos réussites.

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10 erreurs tueuses à éliminer de votre candidature. 1 job pour 10 cv. Patrick Morin
38 pages A5