ENTRETIEN D'EMBAUCHE : FAUT-IL ÊTRE UN FAUX-CUL OU MENTIR POUR RÉUSSIR ?

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Réponse sans hésitation : Oui, bien sûr !

Enfin, surtout si c'est votre nature profonde. Parce que si vous avez tendance à suer sous une trop épaisse couche de maquillage ou que votre sourire se fige dans un rictus salement traître dès que vous sortez les bidons, essayez de l'éviter. Sans quoi, celui qui va se bidonner n'est pas celui que vous aimeriez.

Cacher ou dire la vérité ?

Soyons parfaitement honnête, toute vérité n'a pas sa place dans un entretien de recrutement. On est dans une opération de séduction et pour séduire, il n'est pas conseillé de parler de son cor au pieds ou de ses embarras digestifs, même si ces choses  figurent dans l'inventaire personnel, inévitable et véritable de tout un chacun. En général, elles font partie de celles qui se dévoilent d'elles mêmes, sans heurt, après quelques mois de vie commune et ne posent pas de problème lorsqu'elles sont insignifiantes. Prenez donc soin de garder les cors au pied de votre candidature, bien à l'abri des regards, pour le moment.

Pour les amateurs de précisions, on parle ici d'un petit trou dans la chronologie de vos expériences, d'un échec dans une mission, d'un diplôme manqué, d'un choix temporaire plus orienté par le pratique que la passion ou de tout ce qui constitue les scories, échecs et petites glissades d'une expérience ordinaire.

Ceci dit, si quelques menus "oublis" n'ont pas une importance considérable, il est quand même largement préférable de présenter le moins possible de risque d'être pris(e) en flagrant délit de trucage mais surtout d'éviter d'avoir à flatter, bidonner,  forcer son intérêt véritable, bref, "faire semblant" d'être quelqu'un que vous n'êtes pas. Surtout si votre caractère n'est pas celui d'un(e) mythomane.

Pour résumer, si vous vous accordez quelques oublis cosmétiques, limitez cela au juste minimum possible.

Les conséquences d'un mensonge...

Vous avez passé l'âge de raison et je ne suis pas plus qualifié que vous pour en faire l'apologie. Je vous épargnerai donc le rappel de la conduite que votre éducation a du vous inciter à tenir dans le choix vérité/mensonge.

Par contre, ce à quoi vous n'échapperez pas, c'est le rappel de quelques conséquences fréquentes d'opter pour la mauvaise voie. Le recruteur a plusieurs objectifs dans un entretien. Découvrir si votre motivation est durable, si vos qualités professionnelles sont solides, votre efficacité naturelle, votre comportement social correct mais également votre honnêteté irréprochable. Etre sûr de pouvoir vous accorder sa confiance est essentiel pour la suite. Pas de confiance = pas de collaboration.

Soyez certain(e) qu'il n'écoute pas seulement la partie superficielle de vos réponses. Il vous observe du coin de l'oeil et recoupe ce que vous ne dîtes pas, parmi plusieurs réponses pour voir si votre candidature est aussi clean qu'elle en a l'air. Il sait que plus de la moitié des candidatures brillent grâce à quelques rafistolages plus ou moins importants.  80%, même selon certaines sources et une partie non négligeable d'entre elles sont carrément des faux (diplômes inventés, expériences fausses, etc...).

Bref, vous risquez de passer un mauvais moment. D'abord parce que jongler en dansant et garder le sourire va vous épuiser, ensuite parce que construire une relation de respect mutuel basée sur un manque de respect est ridicule, enfin parce que si votre recruteur est un fin limier, vous allez connaître une humiliation  qui aurait pu être évitée.

Comment faire ?

Peu de choses à faire, faîtes les bien. D'abord, pour éviter d'avoir à dissimuler une motivation alimentaire, dotez vous d'une motivation qui ne le soit pas. En clair, un métier qui vous fait envie, plaisir, qui vous passionne, qui sert un projet personnel véridique. Chercher le métier de vos rêves n'a pas qu'un intérêt pour votre moral. C'est surtout l'élément clé de votre "sex appeal" professionnel.

Si l'on veut pousser plus loin, soyez exigeant(e). Utilisez cet entretien pour évaluer vous-même l'entreprise et réserver votre décision de collaborer ou non. Evidemment, les intérêts ne sont pas symétriques entre vous et votre interlocuteur mais si vous considérez que c'est un entretien d'évaluation mutuel, vous aurez l'attitude d'un professionnel qui traite une affaire et non celle d'un candidat qui utilise toutes les recettes du faux-cul pour convaincre. La stratégie du faux-cul, c'est pénible à vivre pour tout le monde, celui qui vous écoute, y compris.

Astreignez-vous à n'indiquer que des diplômes obtenus, que des expériences véritables. Indiquez des références à contacter chaque fois que vous le pourrez, bref, soyez transparent(e). Sinon et que vous êtes démasqué(e), même partiellement, l'équilibre sera rompu. Le charme aussi.

Préparez votre entretien en apprenant sur le bout des doigts toutes les informations que l'on peut trouver sur l'entreprise (societe.com pour les bilans, le site de l'entreprise, wikipédia pour les plus grosses, etc, etc....). Vous comprendrez peut-être mieux certaines questions et vous aurez moins tendance à tenter le jeu de maître Renard. Vous éliminerez le risque de passer pour un(e) touriste et de devoir compenser par un intérêt falsifié.

Ne vous qualifiez pas vous-même. n'utilisez aucun adjectif pour parler de vous. N'affirmez que vos motivations. Faites en sorte que si des adjectifs doivent vous qualifier au cours de l'entretien, ce soit le recruteur qui les trouve seul.

Vous avez compris le principe et surtout la réponse à la question du titre : faut-il mentir ou être un faux-cul pour réussir ? Si vous voulez du respect, de la considération et une chance correcte d'être pris(e) au sérieux, c'est non. Reste à passer le polish sur les rayures de la carrosserie. Si votre motivation est très solide, vous n'en aurez même pas besoin.